Page précédente

 

La vie et l'oeuvre de Louis-Oscar Roty

 

Louis-Oscar Roty naît à Paris le 11 juin 1846 et meurt à Paris le 23 mars 1911.
Son prénom usuel était Oscar, il signait ses oeuvres O. Roty.
Médailliste de grand talent, il fut l'élève de Lecoq de Boisboudran, Dumont et Ponscarme.
Oscar Roty était un artiste reconnu de son vivant, il a obtenu le 2ème grand prix de Rome en 1872 et un premier grand prix de Rome en 1875 ; le grand prix de l'Exposition Universelle de 1889.
Il va accéder à l'immortalité à travers La Semeuse, encore utilisée de nos jours sur les pièces de monnaie et connue par tous les français
Pour remplacer le type Paix et Commerce (dit "type Sage"), un concours est organisé en 1894. Le jury - dont fait partie Oscar Roty - sera déçu des projets proposés et ne donnera par de premier prix, seulement 5 mentions honorables .
Louis-Eugène Mouchon (qui comme Louis Oscar Roty, signait l'initiale de son second prénom et son nom) voit émettre son allégorie "Droits de l'Homme" (dit "type Mouchon") en 1900. Mais ce timbre est immédiatement rejeté par la critique. Une nouvelle version, plus lisible, est émise en 1902 (dit "type Mouchon retouché"), ne convient pas d'avantage.
Le projet est alors mis en route : le choix d'un symbole connu (il figure sur les pièces de monnaies) et reconnu (les critiquent l'apprécient).
Oscar Roty, membre du jury du concours de 1894, refusa d'abord de produire un timbre Semeuse.
Oscar Roty faisait des médailles, donc il fit une plaque en relief (et non pas un dessin) comme maquette du timbre Semeuse. On verra par la suite que cela posera des problèmes au graveur.
Mouchon fut chargé de l'adaptation et de la gravure, il était le graveur de timbres-poste attitré de l'Administration depuis le type Sage.
Afin de lui donner l'apparence d'un timbre en taille-douce, technique d'impression plus prestigieuse que la typographie, Mouchon choisit un fond en lignes horizontales.
Mouchon va ombrer La Semeuse en se basant sur un éclairage conventionnel
L'extrême lisibilité des faciales est un problème fondamental pour l'Administration, et le fond ligné ne permet pas à ces dernières de ressortir suffisamment.
La différence entre le sol et le ciel est ténue. La ligne d'horizon est perdue au milieu des lignes horizontales.
Par ailleurs La Semeuse - sur timbre ou sur monnaie - sème contre le vent (sa direction est donnée par les cheveux et le vêtement), ce qui serait contraire à la réalité. En pratique les paysans adaptent leur geste aux conditions et savent très bien semer contre le vent.
À l'occasion d'une diminution du tarif de la lettre simple intérieure de 15 centimes à 10 centimes, une nouvelle Semeuse corrigeant les défauts de la Semeuse Lignée est émise : c'est la Semeuse avec Sol.
Le fond ligné est abandonné au profit d'un fond uni, sur lequel la faciale en blanc se détache, le soleil est abandonné.
Un premier tirage d'urgence fut réalisé en feuille de 50 timbres (au lieu de 150), c'est La Semeuse avec sol type I. Le timbre fut retouché afin d'accentuer les détails, et le tirage en planches de 150 au type II est vendu à partir du 17 mai 1906. Le sol ne plaisait pas, mais c'est surtout sur le bout du sac qui sort au niveau de la poitrine de La Semeuse que le ministre s'est crystalisé : il fallait enlever ce téton !
Colère du ministre qui demande l'arrêt de la vente et la destruction des stocks après 2 heures de vente au bureau de l'assemblée ! En effet le résultat ne le satisfait pas. On a failli avoir le timbre de France en vente le plus court moment, la spéculation fut vive mais les stocks furent écoulés (pour des raisons d'économie) fin 1907.
Mouchon retoucha La Semeuse Maigre, ajouta des lignes de lumière pour détacher La Semeuse du fond, c'est le type II. Mais le résultat ne satisfait toujours pas.
Finalement, c'est au graveur-retoucheur de l'Atelier LHomme que fut confié le projet, donc en écartant Mouchon. Lhomme va réaliser une Semeuse plus adaptée à l'impression industrielle en forçant le trait par rapport à celui de Mouchon, et en utilisant une fonte grasse pour la valeur faciale en particulier. L'adjectif fait référence au Camée, le bijoux. On l'appelle parfois aussi Semeuse Grasse, ce qui n'est également pas la signification courante, mais fait référence aux caractères utilisés pour la faciale.
Malgré que LHomme soit le graveur, il conservera la signature E. Mouchon. On ignore pourquoi, peut-être parce que cette Semeuse est le résultat du travail (et de la patience !) de Mouchon, qui a dut avant cela réaliser 5 versions de La Semeuse (auxquelles on peut ajouter les Semeuses non émises : poinçon archaïque, Semeuse à sol plein et ciel ligné, Semeuse au soleil devant, Semeuse avec sol sans le sol) .

 

Page précédente