Biographie
né le 14 février 1914 à Lutterbach - mort le 23 février 2005 à Pfastatt )
Eugène Lacaque, citoyen de Pfastatt dont la notoriété était mondiale était à la fois artisan, ouvrier,technicien, artiste,d'un travailleur infatiguable, d'un perfectionniste à l'oeil de lynx et dont la main ne tremble jamais.
Dès son plus jeune âge, il s'était adonné à ce qui allait devenir sa passion et sa raison de vivre: la gravure. On dit qu'il s'est fait la main en gravant les portraits du dictionnaire.Il est diplômé de l'Ecole des Beaux Arts de Mulhouse et de l'Ecole supérieure des Beaux arts de Paris. Il s'installe à Pfastatt en 1937, après avoir épousé Céline Keck. Après un détour à Bâle, il s'installa professionnellement à Mulhouse où il fonda sa propre entreprise familiale, rue de Saint-Amarin. Cette entreprise qui connut également une belle notoriété s'était spécialisée dans la gravure sur rouleaux pour l'industrie textile. Il réalise également des cartes de voeux.
C'est en 1967- il avait alors 53 ans- qu'il eut sa première commande d'une administration postale.Elle venait du royaume du Laos. Trois ans après, premiére réalisation pour les PTT: un timbre sur le thème du "Triomphe de Flore"d'après Carpeaux. Il fut reçu comme un chef d'oeuvre. Depuis Eugène Lacaque ne s'arrêta plus. Son catalogue comporte plus de 600 timbres poste, plus de 200 documents philatéliques, de nombreuses gravures, illustrations et oeuvres peintes.
Son nom fit le tour du monde puiqu'il travailla pour des pays aussi divers que la Tunisie, la Mauritanie, le Luxembourg, l'Islande, Andorre, Wallis et Futuna, l'Algérie, le Mali... la liste est loin d'être complète. Il fut apprécié à Monaco et particuliérement par le Prince Rainier.
Les sujets sont tout aussi divers: De Gaulle, Albert Schweitzer, Churchill, Anne de Noailles,Chopin, Rousseau, Les maréchaux Leclerc et De Lattre, Grace de Monaco, le Christ, John Kennedy, de très nombreuses reproductions de tableaux et de sculptures, la Tête de Christ de Wissembourg, Hermès Dicéphale, la Victoire de Samothrace, et bien d'autres sujets comme les contes d'Andersen, le Palais de l'Europe, les Lettres de mon Moulin ou même des sujets sportifs pour les Jeux Olympiques de Mexico ou la Coupe du Monde de football de 1972 en Allemagne......
Eugène Lacaque n'a jamais collectionné de timbres. Par contre, il a accumulé les récompenses les plus prestigieuses et une masse de distinctions tout au long d'une longue vie durant laquelle il n'a jamais levé le pied."Si j'ai consacré ma longue vie à la gravure, ce n'est pas pour les honneurs mais par amour du travail bien fait" avait-il déclaré lors d'une réception que la commune de Pfastatt avait organisé en son honneur à l'occasion de ses 80 ans. Pourtant il est difficile de dresser le catalogue des récompenses. Dans sa vie professionnelle, il a obtenu en 1955,deux titres de Meilleur Ouvrier de France, dans les domaines de la gravure artistique et de la gravure industrielle. En 1957, il fut d'ailleurs délégué par la Société des Meilleurs Ouvriers de France pour remettre à René Coty en visite à Mulhouse une taille-douce représentant son portrait gravé. Mais c'est bien sûr dans le domaine de la création philatélique que celui qu'on surnomma "l'homme aux doigts d'or"ou encore "le graveur de l'impossible" excella. Il a obtenu à de nombreuses reprises et dans différents pays, le prix du plus beau timbre poste de l'année, comme en 1975, avec un timbre consacré au Théâtre du Peuple de Bussang et Frédéric Pottecher. Ainsi le Trophée Robert Stoltz pour le plus beau timbre du monde sur le thème de la musique.Ce timbre représentait Mozart.Titre du meilleur timbre mondial pour "l'Aigle Royal" de Monaco.Un grand prix d'Art Philatélique pour un Christ d'après une gravure de Dürer.En 1994, pour l'ensemble de son oeuvre, un prix spécial de l'Institut des Arts et traditions d'Alsace. En 1999, il a vu son nom inscrit dans le Livre Guiness des records pour l'extraordinaire finesse de sa gravure: 78 coups de burin au milimetre carré ( contre 35 à 40 pour les autres graveurs). Et pour Eugène Lacaque, ce n'était pas un exploit unique et sans lendemain, mais sa façon ordinaire de travailler. Une épreuve d'une de ses oeuvres est exposée au cabinet des gravures du Musée du Louvre. En 2002, il obtient la très haute distinction de Commandeur des Arts et des Lettres.
Quand on lui demandait ce qu'il regrettait dans sa carrière, il répondait invariablement que le fait qu'il n'avait pu concourir pour le prix de Rome tout simplement parce qu'il avait dépassé la limite d'âge l'avait beaucoup marqué. Il regrettait tout autant de n'avoir jamais été retenu pour graver une Marianne. Et il avait été bien prêt de le faire puisque lors d'un concours, parmi 700 propositions, c'est la sienne qui est retenue. Mais la gravure est confiée à quelqu'un d'autre, qui n'a pas le talent d'Eugène Lacaque.Et le résultat n'a rien à voir avec le projet initial.
Mais la reconnaissance qui compte le plus est celle du public. Et de ce point de vue, Monsieur Lacaque a été gâté. Son oeuvre a fait l'ojet d'innombrables expositions et à mesure qu'il avançait en âge, de nombreuses rétrospectives.
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